Secteur automobile : enjeux et perspectives RH pour 2023

7 mars 2023

Le secteur automobile s’apprête à affronter l’une des plus grandes transformations de son histoire. De nombreux défis vont ainsi se dresser sur le chemin des entreprises de l’industrie l’automobile. Des perturbations se présenteront bien sûr, mais également des opportunités, à n’en pas douter. Honoré Associates vous propose un tour d’horizon express.

 

À l’aube du grand bouleversement

 

L’industrie automobile est confrontée à un chamboulement important, c’est peu de le dire. La transition du modèle thermique vers le modèle électrique s’apprête à mettre les véhicules essence et diesel sur le bas-côté à l’horizon 2035. Cette date butoir, finalement pas si lointaine, amène les constructeurs automobiles et leurs équipementiers à repenser leur modèle. À marche forcée, ils doivent désormais évoluer vers de nouvelles technologies plus respectueuses de notre environnement. Du moins, lorsque cette réorientation de l’activité est possible, car en réalité tous les business ne survivront pas.

Si la transition écologique apparaît bien sûr comme une cause légitime, toutes les entreprises du secteur automobile ne pourront emprunter cette nouvelle autoroute. Pour autant, il paraît important de souligner que les perspectives pour le secteur automobile peuvent rester optimistes, dans la mesure où c’est un pan de notre économie qui a toujours su se renouveler. Les contraintes de consommation de carburant liées à la crise pétrolière des années 70, puis les restrictions en matière de réglementations environnementales arrivées quelques années plus tard, ont déjà engendré plusieurs virages notables dans le domaine auto.

 

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Des situations contrastées selon les acteurs

 

Sur les dernières décennies, nous avons connu l’émergence des équipementiers hyperspécialisés. La fabrication des sièges, tableaux de bord ou encore boites d’embrayage se retrouve ainsi déportée vers des spécialistes du sujet, qui peuvent développer la qualité et la R&D, tout en mutualisant leurs coûts en travaillant avec les principaux constructeurs du marché. De leur côté, ces derniers restent dans leur cœur de métier historique et jouent le rôle d’assembleur final. Les équipementiers se sont d’ailleurs tellement spécialisés qu’ils ont eux-mêmes leurs propres sous-traitants, appelés équipementiers de rang 2, souvent moins connus du grand public.

C’est donc une arborescence à 3 niveaux qui s’est construite dans notre industrie automobile. Et forcément, en fonction de la spécialité des équipementiers, tous ne seront pas égaux face aux impacts de l’arrivée de l’électrique :

  • Un premier tiers des entreprises va perdurer sereinement car le business sera peu impacté (citons par exemple les fabricants de pneus, d’étriers, de pédales et de plaquettes de freins). Toutes les activités qui reposent sur des composants seront toujours présents sur les véhicules électriques.
  • Pour les deux tiers restants, c’est le grand écart. Ceux qui produisaient des composants directement rattachés aux modèles thermiques (boîtes de vitesse, pots d’échappement) vont devoir affronter des baisses d’activité drastiques. À l’inverse, les entreprises qui s’inscrivent déjà dans le projet électrique vont s’engager dans des années de forte croissance.

 

Réductions d’effectifs : des activités impactées en profondeur

 

L’arrêt progressif des moteurs thermiques va effectivement impacter de façon irréversible les équipementiers de rang 2 qui s’étaient spécialisés dans des pièces liées au modèle thermique. Bon nombre d’entreprises vont devoir se réinventer. Selon leur niveau de diversification, les plus épargnées seront amputées d’une partie significative de leur business et devront compenser par d’autres axes de développement, en retravaillant leur positionnement commercial. Les plus touchées, quant à elles, pourront être amenées à baisser le rideau.

Des usines vont fermer, et avec elles, des effectifs seront irrémédiablement poussés vers la sortie. Pour ces organisations, l’un des défis majeurs sera d’anticiper au maximum cette situation, et d’intégrer dès aujourd’hui ce constat dans leur stratégie RH. Des entreprises qui pourraient être accompagnées par des cabinets spécialisés en conseil RH pour travailler sur 2 grands axes :

  • Des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ou des plans de suppression d’emplois, pour reclasser les salariés licenciés (on parle ici d’outplacement), et les aider à retrouver un emploi dans leur domaine, ou dans un autre grâce au bilan de compétences et à la formation.
  • De la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP) pour les accompagner dans la transformation des métiers du personnel en place : évaluations, formations, passerelles vers de nouvelles fonctions, transformation des emplois.

 

Même si des départs naturels viennent toujours rythmer la vie d’une entreprise, ils peuvent ne pas suffire à absorber la vague de départs qui se présente à l’horizon. Réaliser au plus tôt un inventaire des compétences actuelles et futures permettra de mettre un plan de marche en route et d’anticiper l’avenir.

 

De forts enjeux de recrutement sur les structures en développement

 

Bien heureusement, la transition énergétique qui plane sur l’industrie automobile laisse aussi présager de belles opportunités. Les acteurs qui sont déjà orientés vers le modèle électrique, et ceux qui pourront réussir leur transition, vont se développer et avoir besoin de recruter massivement.

Ces entreprises vont être de plus en plus confrontées à une pénurie de compétences pour satisfaire leur projet de développement économique. Beaucoup essaient d’ores et déjà de compenser ces difficultés de recrutement par de la formation, en créant leur propre centre de formation professionnelle. Des CFA (Centres de Formation d’Apprentis) qui peinent malgré tout à se remplir, symptôme révélateur du manque d’attractivité criant du secteur automobile.

Les enjeux RH qui nécessiteront d’être accompagnés sont multiples :

  • Comme pour les entreprises qui « dégraissent », il y a un inventaire des compétences à réaliser, pour savoir précisément de quelles compétences et profils elles ont besoin pour nourrir leur essor et continuer à s’adapter aux évolutions du marché.
  • Développer l’attractivité RH de l’entreprise en travaillant sa marque employeur et en déployant des stratégies de recrutement plus actuelles.
  • Chasser des talents cibles grâce au sourcing, à la chasse de têtes et aller chercher des profils qualifiés qui n’auraient pas candidaté d’eux-mêmes, par exemple avec l’aide d’un cabinet spécialisé en approche directe.
  • S’ouvrir à des villes plus éloignées lorsque le bassin local de l’emploi ne permet pas de satisfaire les besoins en recrutement. Le cas échéant, lever les freins à la mobilité : logement, moyens de transport, école des enfants, job du conjoint.

 

Chez Honoré Associates, nous travaillons continuellement avec les équipementiers du secteur automobile, et nous avons aujourd’hui acquis une connaissance solide de ce domaine d’activité et de ses enjeux. Que ce soit pour les entreprises en plein boom, ou pour celles qui se voient contraintes de réduire leurs effectifs, il existe des solutions adaptées qui permettent de mener ces transitions plus sereinement.

 

Vous souhaitez être accompagné par un cabinet de recrutement spécialisé dans l’industrie automobile et qui comprend les défis de ce secteur ?

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Article rédigé par Claude BOENNEC

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